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Pernod Ricard: pris pour cible

Elliott Management, combien de divisions ?



Fondé par Paul Singer à la fin des années 70, Elliott Management a pris pour cible la direction Pernod Ricard. Mais le fonds d'investissement activiste va-t-il trouver suffisamment d'alliés pour faire prévaloir ses arguments ?

Sans revenir sur les arguments avancés par Elliott, tentons de dénombrer les forces en présence. En effet et selon un schéma entendu, les activistes tentent souvent de fédérer d'autres actionnaires autour d'eux afin d'exercer davantage de pression sur le management. Pour sa part, Elliott revendique une participation de plus de 2,5% dans Pernod Ricard.

Qui sont les autres actionnaires ? Les premiers d'entre eux sont ceux du concert familial Ricard, qui ont légèrement renforcé leur exposition le mois dernier et pointent, au total, à 15,76% du capital et 21,86% des voix, selon un avis de l'AMF publié le 19 novembre.

Et ensuite ? Au 30 juin 2018, selon le document de référence 2017/2018, l'actionnaire suivant est la société de gestion de fonds californienne The Capital Group, qui pointait à 9,96% des parts et 8,50% des voix, suivie par un autre fonds anglo-saxon, MFS Investment Management (9,06% et 6,79% respectivement).

L'entrée suivante est le Groupe Bruxelles-Lambert (GBL), société de portefeuille belge dirigée jusqu'en 2018 par feu Albert Frère, qui est un actionnaire de longue date et dont l'exposition stratégique à Pernod Ricard représente près de 15% des actifs. Avec 7,49% des parts et 11,82% des voix, ils s'agit d'un actionnaire important.

Et ensuite ? L'actionnaire suivant est, via CDC Ixis, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) de l'Etat français, avec 1,49% du capital et 1,29% des voix. Et enfin une myriade de sociétés de gestion dont seules Amundi et UBS dépassent 1% des parts, et qui au total concentre moins de 5% des droits de vote.

Reste donc à déterminer qui va s'allier avec qui. "Le gouvernement français avait déjà rapidement mis en garde Elliott, qui n'a pas été très heureux dans le passé en France, un pays souvent difficile pour les activistes", rapporte-t-on ce matin chez Aurel BGC. On peut se risquer à en déduire le chemin que suivra la CDC.

De plus, GBL a fait savoir sans ambiguïté qu'il se rangeait du côté de la direction de Pernod Ricard, en se déclarant attaché aux "valeurs familiales" et en saluant la stratégie du groupe dirigé par Alexandre Ricard comme la performance de l'action.

Bref, en mettant bout à bout le bloc des actionnaires familiaux, GBL et la CDC, Elliott voit se dresser contre lui des intérêts représentant près du quart du capital de Pernod Ricard ainsi que de 35% des droits de vote en assemblée générale. L'activiste américain devra donc, pour trouver des alliés, concentrer ses efforts sur les autres fonds anglo-saxons.

EG
 

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