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Atos: rachat de Gemalto

Un rachat de Gemalto sans solliciter les actionnaires



S'il arrive souvent que l'annonce d'une importante acquisition pèse sur l'action de l'acquéreur, tel n'est pas le cas aujourd'hui avec Atos : le titre de l'ESN (entreprise de services du numérique, ex-SSII) prend plus de 5% à la Bourse de Paris après son intention de racheter Gemalto. Ce qui mobiliserait pourtant plus de quatre milliards d'euros. Explications.

Si Atos évoque une proposition "amicale", il est encore un peu tôt pour le dire, Gemalto n'en étant qu'à l'étude de l'offre. Atos propose 46 euros par action Gemalto (en cash, dividende attaché), soit une prime de l'ordre de 35 à 40% sur ceux des toutes dernières séances.

Ce qui paraît copieux mais ne l'est pas tant que cela, d'un point de vue historique : avant une série de difficultés et de warnings, l'action Gemalto s'est traitée dans la zone des 80 euros de la fin de l'année 2014 jusqu'à l'été 2015, marquant même une pointe à plus de 90 euros. Avant de tomber lourdement et rapidement, jusqu'à 33 euros ces derniers jours. Atos s'est donc déclaré dans un creux.

Autre élément financier incitant l'action Atos à bien se comporter : en dépit de la taille de l'opération envisagée, soit plus de 30% de sa capitalisation boursière, Atos n'en appellera pas à ses actionnaires avec une augmentation de capital par essence dilutive. Pour se payer Gemalto, le groupe sans dette dirigé par Thierry Breton envisage de puiser dans son cash, puisqu'il était en position de trésorerie nette à hauteur de 342 millions d'euros au 30 juin dernier, et financera le solde par endettement.

Sachant que les fonds propres totaux approchaient, aux dernières nouvelles, les cinq milliards d'euros (4,3 milliards pour les capitaux propres part du groupe), le futur "gearing" d'Atos devrait donc demeurer sous contrôle. Idem du côté des ratios d'excédent brut opérationnel (plus de 700 millions au seul 1er semestre). En forme, Atos pourra, par la suite, compter sur une solide génération de cash, le flux de trésorerie disponible ayant décollé de 35% au 1er semestre, à 242 millions. Bref, le cas échéant, le bilan d'Atos ne serait pas déstabilisé.

A suivre : la réaction de Gemalto aux avances d'Atos. Ce qui ne devrait pas tarder, l'offre n'étant valable que jusqu'au 15 décembre.

EG
 

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