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EDF: le cours a doublé depuis le printemps 2017

(CercleFinance.com) - Alors que l'orientation des marchés boursiers est devenue difficile, une action figurant pourtant parmi les mal-aimées s'est payé le luxe d'un retour : à plus de 15 euros, soit une capitalisation de 46,5 milliards, le titre du groupe électronucléaire EDF a plus que doublé depuis le point bas inférieur à 7 euros touché en avril 2017.


Et pourtant, les difficultés ne manquent pas : globalement, l'électricité d'origine nucléaire n'a plus la cote. En dépit de ses faibles rejets de carbone, les accidents, comme celui de Fukushima, semblent reléguer définitivement au second rang cette cette technologie parmi les différentes manières de produire au courant électrique. Or EDF n'est pas que l'exploitant, mais "l'architecte-ensemblier" de la filière nucléaire française, surtout maintenant qu'il a repris une partie de l'ex-équipementier nucléaire Areva.

EDF doit aussi faire face aux investissements nécessaires pour augmenter les standards de sécurité imposés après Fukushima, et d'une manière générale aux mises de fonds qui accompagnent un parc industriel relativement âgé, et dont la "disponibilité" est de temps à autre mise en question. Sur un total de 58 "tranches" nucléaires, les 34 plus anciennes affichent 36 ans d'âge moyen et les 20 suivantes, 29 ans, le quatre unités les plus récentes s'affichant à 17 ans. D'autant qu'EDF envisageait, dans son document de référence 2017, de prolonger au-delà de 40 ans, sinon à 50 ans leur durée de vie. Et il faut, parallèlement, compter les investissements, par exemple la construction de l'EPR de Flamanville 3, complexe, très en retard et bien plus coûteuse que prévu. Ainsi que l'effort du côté des énergies renouvelables.

D'autant qu'EDF doit faire face à d'autres difficultés, à commencer par l'ouverture "réelle" de la concurrence du marché de l'électricité en France, qu'il s'agisse des clients industriels, mais aussi depuis peu des particuliers. Qu'on en juge : en 2014, le groupe dénombrait 38,5 millions de "comptes clients", dont 28,3 millions en France. En 2017, ces chiffres étaient tombés à respectivement 35,1 et 26,5 millions, indiquent les documents de référence.

Or le groupe est endetté : 31,3 milliards d'euros de dette financière nette à fin juin 2018. Mais après tout, ce chiffre ne représente "que" les deux tiers de la capitalisation boursière, 71% des fonds propres et 2,1 fois l'EBITDA annuel. En outre, le montant de cette dette a baissé de 5% entre fin 2017 et mi 2018. Voilà pour le bilan : on a vu pire.

Du côté des comptes, les derniers indicateurs sont plutôt flatteurs : la croissance organique des ventes atteignait un taux respectable de 4% au 1er semestre, alors que la marge d'EBITDA grimpait à 23,4% (+ 3,4 points de pourcentage), pour un résultat net courant semestriel de 1,7 milliard (+ 27%), sur un chiffre d'affaires de 35,2 milliards d'euros. Le groupe a profité de l'augmentation de sa production hydraulique et de la meilleure disponibilité de ses centrales nucléaires, sans oublier les effets des mesures d'économies.

EDF tire également parti de la hausse des prix de marché de l'électricité en Europe, qui sera peut-être amplifiée par l'indisponibilité de plusieurs des réacteurs belges d'Engie cet hiver. De ce fait, l'Hexagone pourrait exporter un peu plus outre Quiévrain, et en tout cas plus cher.

Autre élément, structurel cette fois : le renchérissement du prix du CO2. Schématiquement, l'Union européenne s'est mis d'accord pour limiter davantage, l'an prochain, les allocations de ces sortes de "droits à polluer" qui doivent compenser les émissions des centrales électriques à charbon surtout, et à gaz dans une moindre mesure. De ce fait, le prix du CO2 - et donc son coût pour les émetteurs - ne cesse de grimper. Voilà qui redonne un attrait et un avantage relatif à l'électricité nucléaire, par essence "décarbonée".

Qu'en pense le consensus ? Certes, la prévision moyenne de bénéfice par action EDF pour 2018 a chuté en un an de 0,74 à 0,59 euro par action (- 20%), mais celle de 2019 est demeurée stable (+ ... 0,01 euro) à 0,79 euro, ce qui augure d'un solide rebond l'an prochain.

Rappelons qu'EDF, a versé, en deux fois, un dividende 2017 de 0,46 euro, soit 60% de ses profits d'alors. Il vise, en 2018, un taux de distribution de 50% du bénéfice net courant, avant de 45 à 50% en 2019. Ce qui permet au consensus d'anticiper des coupons de 0,30 euro au titre de 2018, puis de 0,40 euro en 2019.

A suivre sur l'agenda d'EDF : le chiffre d'affaires du 3e trimestre, attendu le 13 novembre. EDF verse habituellement l'acompte (0,15 euro par action l'an dernier) sur son coupon annuel en décembre.

EG



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