Tendances
La nouvelle des difficultés rencontrées par les firmes d'investissement immobilier de Dubaï était connue dès hier... mais les marchés étaient trop occupés à porter symboliquement les indices boursiers vers les sommets à un moment stratégique: c'est à dire juste à la veille du long pont consumériste de Thanksgiving (Wall Street ne revrira que pour une demi-séance demain).
Les places boursières accusent donc le coup avec 24H de retard (Paris chutant initialement de -2,4% jusque sur 3.720Pts, Francfort perdant -2,5%) à la demande par le gouvernement de Dubai d'un rééchelonnement de la dette de Dubai World à ses principaux créanciers (ce qui équivaut dans les esprits à un défaut de paiement sur des créances arrivant à échéance fin décembre).
Dubai World est notamment la maison mère de Nakheel, le promoteur au coeur des importants investissements immobiliers réalisés dans l'Emirat au cours des dernières années: les prix du foncier ont chuté de -50% depuis le mois de septembre 2008 dans la capitale de l'Emirat.
L'agence Moody's a dégradé ses notes sur six entités émettrices d'obligations publiques de cet Etat membre des Emirats Arabes Unis. Elle est notamment passée de A3 à Baa2 sur DP World et sur Dubai Electricity & Water Authority (DEWA), et de A3 à Ba1 sur DIFC Investments (DIFCI). A 3 heures de la clôture, le CAC40 se replie de -1,95% à 3.735 points. Ailleurs en Europe, Londres cède 2% et Francfort 2,1%.
Selon les analystes d'IG Markets, une structure de sommet, dite de "triangle élargi", se dessine progressivement sur les indices, ce qui signifie que les supports majeurs de l'été dernier pourraient être rejoints rapidement.
Plombées par l'alerte rouge sur la dette souveraine de Dubaï (beaucoup d'investisseurs asiatiques sont présents dans l'Emirat), les Bourses d'extrême orient ont fini dans le rouge ce matin. Le Nikkei a notamment clôturé en baisse de plus de 0,6%, pénalisé en grande partie par l'appréciation du yen face au dollar.
Sur le marché des changes, le dollar confirme sa fragilité face à l'euro en restant ancré sous le précédent plancher annuel, c'est à dire 1,5060E, mais le repli du billet vert ne profite pas à la cote française, puisqu'une seule composante du CAC40 -France Telecom- évolue encore en territoire positif ce jeudi.
Saint-Gobain décroche de plus de 4,6% à la Bourse de Paris dans le sillage d'une dégradation de recommandation de Goldman Sachs. Le bureau d'études a abaissé ce matin sa recommandation sur le titre Saint-Gobain de "neutre" à "vendre" dans le cadre d'une étude consacrée au secteur de la construction. Son objectif de cours est de 40,7 euros. L'intermédiaire financier fait remarquer que le titre a surperformé son secteur d'environ 16% au cours des trois derniers mois, ce qui en fait le plus dynamique au sein de l'industrie des matériaux de construction sur la période.
Goldman Sachs réaffirme en revanche sa recommandation d'achat fort ("conviction buy") sur Lafarge, avec un nouvel objectif de cours de 85,5 euros (contre 91,1 euros précédemment) laissant entrevoir un potentiel de hausse de 47%. L'analyste dit s'attendre à une surperformance du titre liée à sa valorisation séduisante sur la foi des ratios 2011: Lafarge se traite en effet à six fois son EV/Ebitda contre une moyenne de 7,6x sur cinq ans. Mais une fois n'est pas coutume, la "reco" de Goldman Sachs n'est pas suivie par les opérateurs et le titre dévisse de -5% (lanterne rouge du CAC40). Les tubulences obligataires dans le Golfe persique puisque les dernières déclarations de Dominique Strauss Kahn concernant les 50% de créances douteuses non dévoilées et encore détenues par les établissements financiers font chuter les banques avec des écarts moyens de -3,5% sur BNP-Paribas, Sté Générale et AXA. Aux étrangères, HSBC chute de -5,5%.
EADS (-2,5%) a rejeté des chiffres parus dans un article paru dans Die Welt concernant les surcoûts du programme d'avion de transport militaire A400M. Le journal allemand, tenant ses informations de personnes "proches du dossier", a affirmé que ces surcoûts pourraient s'avérer supérieurs à cinq milliards d'euros, et cite même un montant de 5,5 milliards. En réaction, le constructeur aéronautique déclare "mettre en garde contre toute interprétation de chiffres sortis de leur contexte, tant que les négociations avec le client, l'OCCAR, et les pays de lancement, ne seront pas terminées". Air-France/KLM traverse un gros trou d'air de -5,6% alors que les prévisions de fréquentation des vols en baisse -hors catégorie "low cost"-et la chute du Dollar sont perçus négativement.
Officiellement nommé hier en conseil des ministres, le nouveau PDG d'EDF Henri Proglio réaffirme ce matin au quotidien "Le Figaro" les grandes ambitions qu'il souhaite pour son groupe. Il souhaite diversifier le catalogue qui ne contient que le réacteur nucléaire EPR: "EDF doit donc diversifier son offre dans le nucléaire, mais aussi reprendre son leadership en thermique et en hydraulique". Enfin, le rapprochement avec Veolia, dont il reste le président non exécutif pour une durée indéterminée, reste toujours d'actualité, tout comme sa volonté d'améliorer la disponibilité des centrales en évoquant un objectif de 85%.
Sur le SBF 120, Teleperformance perd près de 4% à 22,55 euros. Le groupe a mis à jour ses prévisions, à la suite de quoi le bureau d'études Gilbert Dupont a suspendu son conseil d'achat. Teleperformance a indiqué ce matin qu'en 2009, les ventes devraient atteindre 1.820-1.830 millions d'euros et l'EBITA 8,5% des ventes cette année, puis 9-9,5% en 2010, année où le chiffre d'affaires devrait rester stable. Gilbert Dupont estime que "pour la première fois, ses objectifs 2010 s'arrêtent au niveau de l'EBITA, le résultat net part du groupe n'est pas donné."
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