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Trahisons de pinter au Lucernaire

(CercleFinance.com) - Midi au printemps. Un bar. Au fond de la salle, Jerry et Emma se retrouvent deux ans après leur rupture. Elle est la femme de Robert, éditeur, vieil ami et plus que tout partenaire de squash de Jerry.

C'est à partir de ce point que Pinter remonte le cours de cette intrigue amoureuse entre trois amis, renversant le cycle du temps : des séparations aux rencontres, des aveux aux mensonges, des secrets aux trahisons. Dans cette histoire à rebours se tissent et se détissent les énigmatiques liens amoureux et amicaux du trio où chacun a construit sa propre vérité, piégeant les spectateurs pourtant avertis de la chute de l'histoire.

Harold Pinter nous offre un regard féroce sur les relations amoureuses. Bien plus qu'un vaudeville, une tragédie profonde et déroutante.

Cette pièce est une démonstration autour du langage. Derrière ce que l'on dit, c'est autre chose que nous exprimons et c'est là notre réalité. On est entre la non expression, le rien paraître, l'évasif et l'expression de nos méfiances.

Cette pièce à l'humour abrasif met en scène le trio classique du vaudeville dans une sorte de valse des sentiments, mais qui mène la danse ?

Alors, le jeu amoureux des masques s'installe. Le champ est prêt à la bataille des corps. Théâtre de la cruauté amoureuse. aussi distingués et cruels, les jeux sont servis par une mise en scène épurée, laissant toute latitude à l'expression des corps.

L'humour est guindé, grinçant, hilarant. Les mises en abyme, absurdes apportent des touches de légèreté à un scénario qui jamais ne tombe dans le mélodrame mais sait conserver une mise à distance suffisante pour que le spectateur prenne son plaisir sans complexes.

La pièce. C'est une comédie sur la rencontre entre un homme et une femme, mais c'est aussi une réflexion sur les mystères de l'existence. C'est une histoire d'amour et de vie

Le dérisoire de l'histoire sert de miroir grossissant à la représentation d'une cruauté nue. Un voyage sans apitoiement, sans sentimentalisme, sans jugement, au centre de l'humain.

Le mari est incarné avec brio par François Feroleto. Il est dans une sorte de flegme revenu de tout, offrant une certaine hauteur qui structure son personnage et la partition.

Gaëlle Billaut-Danno dans le rôle d'Emma offre les contrastes et les subtilités d'un personnage déroutant entre la séduction et le mystère. Elle est dans l'incarné et l'intelligence

Yannick Laurent est lui, l'amant qui navigue avec maestria entre la gravité, l'humour et la roublardise.

. Il ne faudrait surtout pas oublier le quatrième protagoniste, Vincent Arfa qui structure un décor sobre et joue le rôle d'un serveur à Venise

La scénographie habile de Goury utilise et joue avec le mobilier, elle- complétée par le décor par Claire Vaysse.

La mise en scène de Christophe Gand privilégie l'épure, sans chercher à masquer ce qui construit l'artifice théâtral On est entre la cour et la jardin, entre l'économe et l'ardu.

Au final, une vision brillante d'une pièce qui ne finit pas de nous étonner

Trahisons d'Harold Pinter,
traduction d'Eric Kahane
mise en scène de Christophe Gand,
scénographie de Goury
décor de Claire Vaysse
costumes de Jean-Daniel Vuillermoz,
lumières d'Alexandre Icovic,

Avec Gaëlle Billaut-Danno, François Feroleto, Yannick Laurent, Vincent Arfa.

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