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Gemalto: en attendant l'ouverture de discussions avec Atos

(CercleFinance.com) - Il n'aura pas fallu longtemps à Gemalto pour statuer sur la proposition "non sollicitée" d'OPA à 46 euros émise au soir du 11 décembre par Atos.
Et c'est un "non" au ton (relativement) cinglant qu'a opposé Gemalto, dès le 13 décembre. Cependant, le groupe informatique dirigé par Thierry Breton campe sur ses positions, alors que les deux directions ne se "parlent" pas. Du moins pas encore.

"Amical" : c'est ainsi qu'Atos a présenté son projet spontané d'OPA à 46 euros par action Gemalto. Mais ce n'est pas du tout ainsi que l'a pris l'ex-roi de la carte à puce, qui cache mal son irritation : la proposition d'Atos "ne relève pas d'une approche amicale et coopérative", contredit le groupe dirigé par Philippe Vallée.

Gemalto ajoute que contrairement à l'usage, Atos ne s'est pas donné la peine de le contacter avant de déclarer publiquement son intention - ce qui, au passage, est souvent la caractéristique des offres hostiles. "Le conseil d'administration s'inquiète du fait qu'il pourrait s'agir là de l'illustration d'une différence de culture d'entreprise entre les deux sociétés", indique encore le groupe de sécurité numérique. On n'est pas plus outré.

Voilà pour la forme, qui dénote d'un ton plutôt remonté, sinon surpris. Sur le fond, Gemalto affirme qu'Atos "ne propose pas de stratégie convaincante par rapport aux perspectives de Gemalto en tant qu'entreprise autonome". Et la direction d'égrener une série d'arguments plutôt convenus. Sachant qu'aucun d'entre eux ne pointe, à notre sens, l'impossibilité radicale d'un rapprochement, par exemple pour des raisons de concentration ou réglementaires.

"Nous sommes absolument convaincus par le potentiel de nos marchés en croissance rapide et dans la capacité de l'entreprise à s'en saisir", ne craint pas de déclarer le PDG de Gemalto, Philippe Vallée. Reste que son groupe a lancé une série d'avertissements portant notamment sur sa croissance ces dernières années. Et qu'en Bourse son titre, qui à l'été 2015 se traitait dans la zone des 80 euros, ne valait plus que 33 euros avant qu'Atos ne se dévoile.

Quelque part, Gemalto salue le sens du 'timing' d'Atos : "l'offre vient à un moment où Gemalto a stabilisé ses performances après une période difficile", écrit-il presque naïvement. Difficile, d'un point de vue boursier, de reprocher à Atos de se manifester lorsque le cours de l'action Gemalto est bas...

Mais l'argument de Gemalto le plus retenu par les investisseurs est sans doute celui-ci : "Le prix proposé de 46 euros ne reflète pas les positions de leader de Gemalto sur ces segments à forte croissance, et se situe bien en dessous des niveaux de valorisation de sociétés spécialisées dans les activités Gouvernement et Cybersécurité hautement stratégiques". Plutôt classique elle aussi, cette formule sonne comme un appel à la surenchère.

Et maintenant ? Dès hier soir, Atos a tranquillement indiqué qu'il maintenait son offre à 46 euros et préparait le projet qui sera présenté à l'AFM, l'autorité financière néerlandaise. Atos va aussi répondre aux arguments de Gemalto.

Et Atos d'ajouter, l'air de rien : "L'offre a reçu un soutien marqué des marchés financiers, des investisseurs et de la communauté des analystes depuis son annonce. Elle offre aux actionnaires de Gemalto une opportunité immédiate et substantielle de valorisation de leurs actions."

La Bourse croit d'ailleurs à une surenchère puisqu'au lieu de décrocher, l'action Gemalto cote plus de 46 euros pour l'heure sur le marché d'Amsterdam. "Il n'est pas interdit de penser (...) que des actionnaires activistes, très agressifs depuis maintenant quelques années, pourraient se mêler à la bataille", commentent d'ailleurs les spécialistes d'Aurel BGC.

Notons que le capital de Gemalto est ouvert : ses premiers actionnaires sont des membres de la famille Quandt, fondatrice de BMW, notamment Susanne Klatten (3,2% en son nom), plus 5,7% via le holding SN Quandt. Vient ensuite BPI Groupe, la banque publique d'investissement française (8,51% des parts aux dernières nouvelles). Puis, autour de 5%, plusieurs fonds d'investissement (Pioneer AM, Fidelity, Oppenheimer Funds, BlackRock, etc), par essence opportunistes.

Qu'attendre maintenant ? Tout simplement l'ouverture de discussions entre Atos et Gemalto. Il y a fort à parier que le prix de 46 euros constituerait alors la base de négociation.

EG




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