Danone: capacité dissuasive en question.
(Cercle Finance) - Si Pepsico a déclaré à l'Autorité des marchés financiers qu'il ne préparait pas d'opération sur Danone, cela ne signifie pas pour autant que le groupe agroalimentaire américain n'envisage pas à terme une telle opération.
Cela n'enlève rien non plus au caractère "opéable" du dossier. Une rapide étude de l'actionnariat de Danone montre que les principaux actionnaires, Eurazeo et la Caisse des Dépôts et Consignations ne détiennent "que" 3,66% et 2,88% du capital respectivement.
De son côté, d'après le quotidien Le Monde, la banque suisse UBS aurait informé Danone le 5 juillet de son entrée à hauteur de 0,92% du capital du groupe agroalimentaire français. UBS serait ensuite monté à 1,51% du capital de Danone, avant de ramener sa participation à 1,22%. Or, la semaine dernière, le Financial Times avait justement cité le nom d'UBS, en compagnie de celui de la banque d'affaires américaine Morgan Stanley.
Selon le quotidien britannique, les deux banques avaient été mandatées par Pepsico pour étudier une opération sur Danone. Le démenti de Pepsico à l'AMF ne permet d'ailleurs pas d'écarter cette possibilité. Pepsico a simplement déclaré au gendarme de la Bourse française qu'il ne préparait pas actuellement d'OPA sur Danone. Rien ne l'empêche pendant ce temps d'étudier les possibilités dont il dispose.
Le tir de barrage médiatique de la classe politique sur la rumeur d'une prise de contrôle de Danone par Pepsico a donc peut être fait reculer le groupe américain. Mais la méthode pourrait ne pas fonctionner sur le long terme. Compte tenu d'un flottant d'à peine moins de 90% du capital, une OPA reste techniquement possible sur le groupe agroalimentaire français. Danone est d'ailleurs de longue date considéré comme une cible de premier choix pour les quatre géants du secteur que sont Pepsico, Coca Cola, Unilever et Kraft Foods, du fait de la profitabilité élevée du groupe français et de ses positions de leader sur ses trois métiers : les produits laitiers, les eaux minérales, et les biscuits.
Pour éviter à termes de se faire racheter par l'un de ces prédateurs potentiels, Danone ne dispose que de deux moyens. D'une part, Danone peut constituer un noyau dur d'actionnaires, de façon à mieux verrouiller son capital et augmenter ses capacités de défense en cas d'attaque. D'autre part, le groupe dirigé par Franck Riboud doit grossir par croissance externe, de façon à dissuader les acheteurs potentiels. Un bref tour d'horizon des valorisations boursières permet en effet de constater que Danone ne capitalise qu'un peu plus de 22 milliards d'euros, contre une capitalisation boursière de 105 milliards de dollars pour Coca Cola, de 91 milliards de dollars pour Pepsico, de 52 milliards de dollars pour Kraft Foods, et de 85 milliards d'euros pour Nestlé.
Selon La Tribune de ce matin, Danone envisagerait ainsi de renforcer le noyau dur de ses actionnaires pour éviter une opération hostile. Le projet de la direction de Danone est de regrouper au moins 15 à 20% du capital du groupe dans des mains amicales. Selon le journal, le Crédit Agricole pourrait faire son entrée dans le capital.
Copyright (c) 2005 CercleFinance.com. Tous droits réservés.