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EssilorLuxottica: à quand la fin de la crise ?

(CercleFinance.com) - Voilà une "fusion entre égaux" qui, comme souvent, n'en est pas une, et coûte cher aux actionnaires.
Tombée sous les 100 euros, l'action EssilorLuxottica perd pour l'heure plus de 8% sur la semaine, ainsi que près de 21% en six mois.

En effet, par l'entremise de communiqués de presse et/ou d'interview, les deux codirigeants du géant franco-italien (à moins qu'il ne soit italo-français) de l'optique, dont les pouvoirs sont supposément égaux, se sont déchirés en milieu de semaine.

Premier acte : mercredi soir 20 mars, Delfin, le holding personnel de Leonardo Del Vecchio par lequel il détient notamment plus de 30% d'EssilorLuxottica, dont il est aussi le PDG, ouvre le feu. Dans un communiqué, cette société déclare avoir "constaté certains comportements de certains représentants d'Essilor" jugés "contraires aux devoirs de coopération loyale et de bonne foi prévus par l'accord de rapprochement de 2017, entre Essilor et Delfin, et essentiels au bon fonctionnement de la gouvernance de la société." Et Delfin d'enfoncer le clou en dénonçant une "violation claire" de l'accord.

Personne n'est nommé dans ce communiqué, omission que Leonardo Del Vecchio réparera dès le lendemain dans les colonnes du Figaro : "Hubert Sagnières a rompu le pacte signé en 2017", est-il titré. "Hubert Sagnières n'accepte que ce qu'il propose lui-même ; il refuse que quelqu'un d'autre puisse proposer", déclare-t-il.

Le jour même, Hubert Sagnières, l'ancien patron d'Essilor International désormais vice-président et directeur général délégué d'EssilorLuxottica, réplique, sans prendre davantage de pincettes. Son communiqué dénonce des "accusations graves et mensongères sur le fonctionnement du groupe et sa direction", qui portent "en particulier sur le respect des accords initiaux".

Répondant aux accusations de violation de l'accord de fusion, il indique : "L'évolution de la gouvernance future d'EssilorLuxottica fait l'objet d'échanges au sein du conseil d'administration depuis plusieurs mois, Hubert Sagnières s'employant à faire respecter les accords de rapprochement et une gouvernance conforme à celle d'une grande société internationale cotée en Bourse".

Le communiqué de M. Sagnières, lui, ne lésine pas sur les noms : il s'en prend à l'intention exprimée par M. Del Vecchio, le 5 novembre dernier, "avant même l'assemblée générale", de "vouloir confier unilatéralement son rôle de CEO (directeur général, ndlr) d'EssilorLuxottica à M. Francesco Milleri. Il a indiqué depuis vouloir modifier l'équilibre des pouvoirs établi dans les accords", affirme-t-il.

Et de conclure : "en dépit de ses dénégations, un certain nombre (des) actions (de M. Del Vecchio) traduisent de facto une tentative de prise de contrôle du nouveau groupe, sans prime pour les actionnaires.

Qu'en déduire ? Que dans ces conditions, le PDG et le vice-président/DG délégué d'EssilorLuxottica ne sont pas en mesure de codiriger le groupe comme le supposerait l'intégration qu'il doit maintenant mener à bien après la "méga-fusion". Mais aussi que leurs poids ne sont pas équivalents, notamment en termes de participation.

"Nous espérons qu'une solution ou un compromis seront trouvés rapidement", écrivent les analystes de Jefferies. Une opinion que les autres actionnaires, qui ont vu le titre chuter de 25% - soit 14 milliards d'euros de capitalisation partis en fumée - depuis début octobre, ne peuvent que partager.

EG

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