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Taux & devises

Devises: la précision de la BCE sur ses taux pénalise l'euro

(CercleFinance.com) - Vendredi midi sur le marché des changes, la monnaie unique européenne peinait à se remettre du "coup de bambou" qui lui a asséné hier la Banque centrale européenne (BCE).
Après un décrochage marqué de 1,83% la veille, l'euro ne se reprend qu'avec mesure de 0,32% ce midi, à 1,1611 dollar, des reprises plus faibles encore étant à signaler contre ses autres grandes contreparties. Sur cinq jours glissants, le recul de l'euro face au billet vert est de l'ordre de 1,2%.

La BCE s'est livrée, hier, à un tour de force historique pour la politique monétaire européenne. Depuis Riga, l'établissement émetteur dirigé par Mario Draghi a annoncé qu'il s'apprêtait à réduire de nouveau ses rachats d'actifs : si la conjoncture se maintient, leur montant actuel, 30 milliards d'euros par mois, sera ramené à 15 milliards d'octobre à décembre prochains, puis sera totalement arrêté. Cette politique de relance, qui a abaissé très sensiblement les taux d'intérêt de long terme, se rapproche donc de son dénouement. Il s'agit là d'une décision "faucon" : la BCE s'apprête ainsi à ne plus dégrader son bilan, ce qui devrait jouer favorablement pour la valeur relative de la devise dont la BCE a la charge, l'euro.

Mais le diable est dans les détails, en premier lieu car le "QE à l'Européenne" ne va pas disparaître pour autant. Si la BCE ne va bientôt plus acheter d'actifs supplémentaires, elle ne va pas revendre pour autant ceux qu'elle détient. Et elle continuera à réinvestir les "tombées" (le produit des souches obligataires arrivant à échéance) "aussi longtemps que nécessaire pour maintenir des conditions de liquidité favorables et un degré élevé de soutien monétaire". Bref, le bilan de la BCE va cesser de se dégrader, mais il ne va pas "s'améliorer". Voilà qui est bien moins "faucon".

Et ce n'est pas fini car la BCE a précisé, en second lieu, de pendant combien de temps elle entend maintenir ses taux directeurs à un bas niveau : "au moins jusqu'à l'été 2019", indique-t-elle désormais.

Voilà qui a surpris les cambistes. "Potentiellement, la première hausse des taux directeurs pourrait donc être réalisée au 4e trimestre 2019. Le consensus penchait plutôt pour un premier relèvement vers juin 2019", commente ce matin Aurel BGC, qui ajoute : "La BCE a fait preuve d'habileté en transmettant un message 'hawkish', mais enrobé d'une douceur 'dovish'".

"Le numéro d'équilibriste aura donc été réussi pour Mario Draghi. La normalisation est en marche mais la BCE prendra son temps et les marchés sont rassurés", confirment les analystes de Saxo Banque.

Quid des projections macroéconomiques ? Le ton est plus mitigé : "Les prévisions de croissance du PIB ont été légèrement revues à la baisse pour cette année, passant de 2,4 % à 2,1 %, tandis qu'elles sont restées inchangées à 1,9 % en 2019 et à 1,7 % en 2020. La prévision d'inflation a été considérablement révisée à la hausse en raison de la hausse des prix du pétrole à 1,7 % en 2018 (contre 1,4 %) et à 1,7 % en 2019 (contre 1,4 %), alors qu'elle est restée inchangée pour 2020 à 1,7 %", relève Pictet AM ce matin.

EG



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