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20/11/2018 15:22:00
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Renault: avantage au Japon au sein de l'Alliance

Déjà en baisse de 8,4% hier, l'action Renault continue de glisser à la Bourse de Paris en cédant près de 3%, son plus bas niveau depuis le tout début de l'année 2015. Avec le débarquement de Carlos Ghosn, c'est l'avenir de son "Alliance" qui est en jeu.

Les conditions de la chute de Carlos Ghosn, désormais emprisonné au Japon, en tant que patron et fondateur de l'"Alliance" formée par Renault, Nissan, Avtovaz et Mitsubishi, suscitent bien des interrogations. Elles sont aussi un facteur d'incertitude majeur pour l'avenir d'un géant automobile mondial dans la solidité duquel la personnalité de Ghosn jouait, depuis près de 20 ans, un rôle déterminant.

"Le principal architecte de l'Alliance, qui travaillait à rendre les liens irréversibles entre les trois constructeurs et les multiples marques de l'attelage industriel baroque construit au fil des années, va peut-être se retrouver hors-jeu. Ce qui signifie que des rapports de force bruts pourraient décider de l'avenir de l'Alliance", estime-t-on chez Aurel BGC ce matin.

Certes, Renault détient plus de 40% du capital de Nissan, quand ce dernier ne détient que 15% du français, comme l'Etat. Mais malgré cette participation, la capitalisation boursière de Renault (17 milliards d'euros), très inférieure à celle de Nissan (plus de 4.000 milliards de yens, soit un peu plus de 31 milliards), donne un avantage financier certain aux intérêts japonais.

"Voilà qui pourrait changer totalement la structure de l'Alliance et du groupe de sociétés qui la compose", estime le bureau d'études AlphaValue, qui relève que les "frictions" entre les intérêts japonais du groupe et ceux de France ne datent pas d'hier. L'an dernier, des voix chez Nissan plaidaient pour un rééquilibrage des droits de vote. Et si Nissan se lançait dans une prise de contrôle inversée de Renault, en profitant de la chute du cours de ce dernier ? Un scénario qui ne peut être exclu, selon les spécialistes. Mais tout le monde n'est pas de cet avis.

Aurel BGC relève pour sa part que "le camp japonais n'est pas franchement partisan d'un renforcement des liens" au sein de l'Alliance. Même si, alors que le secteur automobile traverse une période complexe faite de changements majeurs de mode de consommation, de contexte réglementaire et de technologie, les "synergies" tirées de l'Alliance (six milliards d'euros à ce stade sur dix milliards visés à horizon 2022) sont tout, sauf négligeables. "Les constructeurs de l'Alliance peuvent difficilement se passer des avantages de leur collaboration, d'autant plus que le secteur auto est à l'aube d'une transformation considérable dans les années à venir", indique Aurel BGC.

Même son de cloche chez Oddo BHF : "Renault et Nissan sont désormais trop imbriqués industriellement pour que le fonctionnement de l'Alliance puisse être remis en cause", indique une note. "Tout retour en arrière se traduirait par une forte hausse du poids des coûts de développement et des coûts variables qui mettraient en péril la pérennité de Renault et Nissan", ajoutent-ils.

Soit, mais le débarquement de Carlos Ghosn intervient alors que ce dernier voulait rendre l'Alliance "indétricotable", une perspective moins évidente du point de vue nippon. Selon ces spécialistes, "son éviction à la tête de Nissan (comme probablement à celle de Renault) et le renforcement parallèle d'Hiroto Saikawa (hostile à cette évolution) éloigne la perspective d'une fusion, qui était la plus satisfaisante."

"Elle n'exclut pas en revanche la possibilité d'une réduction de la participation (de Renault) dans Nissan qui fera certes rentrer du cash mais modifiera l'équilibre de l'Alliance en redonnant des droits de vote à Nissan", supputent les spécialistes d'Oddo BHF, qui anticipent dans tous les cas de figure "un rééquilibrage des pouvoirs au profit de Nissan". A suivre.

EG

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