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20/07/2018 14:46:00
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Faurecia: de bons semestriels néanmoins sanctionnés (-6%)

En baisse de 6% à la Bourse de Paris, l'action de l'équipementier automobile Faurecia affiche la plus forte baisse de l'indice SBF 120 après avoir fait état... de comptes semestriels fort bien orientés assortis de prévisions annuelles relevées. Explications.

Qu'a donc annoncé le groupe ce matin ? Qu'au premier semestre 2018, l'effet négatif des changes a pesé à hauteur d'environ 5% sur les facturations, proches de neuf milliards d'euros sur le semestre. Mais sans tenir comptes des devises, et alors que le périmètre du groupe a relativement peu changé dans l'intervalle, la hausse atteint près de 11%, un taux bien supérieur à celui constaté chez Plastic Omnium, qui lui aussi publiait ce matin. Bref, Faurecia reste l'un des équipementiers français parmi les plus dynamiques, d'autant qu'en plus la tendance a accéléré au T2 (+ 12,4% hors changes !).

En outre, la hausse un peu plus marquée du résultat opérationnel (+ 11,1% à 647,3 millions d'euros) hisse la marge de 6,8 à 7,2%, et le résultat net part du groupe prend également 10,2%, à 342 millions d'euros.

En conséquence, Faurecia voit plus grand pour 2018 : précédemment anticipée à au moins 7%, la croissance du CA à changes constants est relevée à 8% minimum, et la surperformance par rapport à la production automobile de 500 à 600 points de base. La marge opérationnelle minimale envisagée est relevée de 7 à 7,2% et le bénéfice par action 2018 ne serait plus égal, mais supérieur à 5 euros. Enfin, les objectifs 2020 ont été maintenus.

On pourrait croire réunis tous les ingrédients de ce que les analystes saluent d'habitude comme une excellente publication. Que se passe-t-il alors ?

Tout d'abord, le marché attendait globalement ce chiffre d'affaires, mais comptait sur un résultat net supérieur d'une douzaine de millions à ce qui a été annoncé, a priori en raison de frais financements temporairement plus élevés que prévu. En outre, même relevées, les prévisions pour 2018 demeurent plutôt conservatrices relativement aux annonces du semestre. Enfin, le consensus tablait déjà sur un bénéfice par action Faurecia de 5,35 euros cette année.

Bref, commente d'ailleurs Bryan Garnier ce matin, "l'orientation des ventes et des marges de Faurecia est plutôt impressionnante, mais elle était attendue".

Ensuite, alors que les Etats-Unis pourraient sous peu prendre des mesures protectionnistes visant cette fois le secteur automobile, l'exposition de Faurecia n'est pas négligeable : l'Amérique du Nord est le deuxième marché du groupe et concentrait, sur le semestre, le quart de ses facturations et environ 21% du résultat d'exploitation. En outre, le premier client de Faurecia n'est autre que... Ford, avec environ 15% du CA. L'incertitude est grande en la matière, et le risque élevé.

Autre élément : l'acquisition majeure pré-annoncée à l'automne dernier par la direction de Faurecia se fait toujours attendre. On parlait à l'époque d'une acquisition "structurante" d'environ deux milliards d'euros, ce que permet le faible endettement du groupe avec son "gearing" d'environ 12% seulement. Mais rien ne vient. Trouver une cible serait-il difficile ? Et de toute façon, le marché se montre très sensible aux risques d'intégration, comme les exemples récents d'Air Liquide, d'Essilor, sinon d'Altran témoignent.

Ultime élément : peut-être la "piqûre de rappel" Fiat Chrysler. Qu'est-ce à dire ? Le constructeur automobile italo-américain a confirmé en avril son intention d'introduire à la Bourse de Milan, d'ici la fin de l'année sinon en 2019, une de ses filiales : Magneti Marelli, un équipementier automobile qui vaudrait de quatre à cinq milliards d'euros. Justement : ce matin, les agences de presse croient savoir que le coup d'envoi de cette opération aurait été donné.

Rappelons que l'équipementier français est une filiale à 46,3% d'un autre constructeur auto, Peugeot SA, qui ne concentre en retour que 13,5% de son activité, puisqu'il n'en est plus que le troisième client, après Ford et Volkswagen. Alors que les trajectoires des deux groupes divergent, Peugeot SA imitera-t-il Fiat Chrysler ? Le cas échéant, cette perspective serait susceptible de peser sur le cours du titre Faurecia.

EG

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